Le violon : activités extra-scolaire

Le violon : activité extra-scolaire

Let’s have some fun



camille

le 13 nov 2017

Aujours'hui je vous présente Cédric Allard, professeur de Violon à Bordeaux. 

Il répond aux questions que les Mamans à Bordeaux ont souhiaté lui poser. 

Le violon comme activité extra-scolaire 

A quel âge peut-on commencer le violon ?

Si on voit l’apprentissage du violon au sens large, on peut commencer le violon (selon la méthode Suzuki) dès la naissance.

Je m’explique : si le violon est déjà intégré dans l’environnement direct de l’enfant (joué par un parent par exemple) dès son plus jeune âge, cet aspect musical et culturel et la capacité à écouter et apprécier le violon  font partie de la vie quotidienne de l’enfant. Comme nous pouvons le constater avec l’apprentissage de la langue maternelle, les enfants apprennent grâce à l’observation.

C’est ainsi qu’ils développeront une attirance et une appétence pour la musique si celle-ci fait partie de leur quotidien.  

En ce qui concerne l’apprentissage de l’instrument, je recommande de commencer entre 4 et 6 ans.

Ce n’est bien évidemment pas une obligation mais c’est à cet âge-là que les enfants développent la motricité et commencent à avoir une notion du comportement.

Mais le plus important : à cet âge, l’apprentissage n’est pas encore trop cérébral. Les enfants peuvent apprendre de façon « naturelle », ce qui est le mieux pour eux.

Qu’apporte le violon à un enfant ?

Tout dépend de la vision des parents et du professeur mais je dirais que le violon peut apporter beaucoup de choses à l’enfant :

« Chaque enfant grandit, tout dépend du professeur ! » Shinichi Suzuki

Dans la méthode Suzuki, le but de l’apprentissage de l’instrument n’est pas seulement d’acquérir une bonne maîtrise. C’est par l’apprentissage de l’art (qui va ensemble avec la recherche de maîtrise et de qualité) qu’on cherche à développer d’autres outils et valeurs qui sont beaucoup plus importants qu’une virtuosité violonistique !

Voici quelques exemples des qualités qu’on cherche activement à développer chez les élèves :

  • Développer la sensibilité à l’art et la beauté ;
  • Se développer comme personne autonome ;
  • Apprendre une méthode d’apprentissage qui sera utile dans d’autres domaines que la musique : apprendre à travailler ensemble et à avoir un comportement respectueux en groupe, s’améliorer par le travail au quotidien et d’autres valeurs ou aptitudes telles que l’honnêteté, la maîtrise de l’instrument, la motricité, oser, développer sa  concentration, etc.

Les parents doivent-ils s’investir ?

Oui !

L’enfant a besoin du soutien, de l’attention et surtout de la stimulation du parent ! J’aime bien comparer l’enfant avec une fleur : quand on plante une graine et on lui donne toute notre amour, attention, patience et respect, elle va grandir et s’épanouir !

Pendant les cours individuels, l’élève, le parent et le professeur entrent dans une coopération triangulaire où le professeur instruit la matière dont il est spécialiste à l’élève ET au parent.

A la maison, c’est le parent qui prend le relai du professeur et qui travaille d’une manière attentive, stimulante et respectueuse.

Dans ma classe, il y a donc une implication du parent qui est exigée ! Pour les plus petits enfants (4 ans), l’idéal est que le parent commence l’instrument ensemble avec son enfant – ce qui favoriserait l’insertion du violon dans l’environnement – et pourra donc prendre mieux le relai à la maison pendant les moments d’entrainement au quotidien, un moment privilégié où l’enfant a toute l’attention du parent. Et au fur et à mesure, le parent prendra le rôle d’« observateur » pendant les cours. Bien évidemment, ceci est un exemple idéal…

Dans tous les cas, le programme et la façon de travailler sont l’objet d’un dialogue, afin de trouver le trajet le plus adapté aux besoins et possibilités des enfants et parents.

Quelle est votre méthode pédagogique ?

J’enseigne selon la méthode Suzuki et je suis pédagogue Suzuki certifié.

Dr. Shinichi Suzuki (1898 – 1998, Japon) était un grand pédagogue, qui a consacré environ 60 ans de sa vie au développement de la méthode d’apprentissage de la langue maternelle, plus tard appelée « Méthode Suzuki ». Il a remarqué que les jeunes enfants arrivaient à apprendre leur langue maternelle avec une impressionnante facilité et rapidité.

L’apprentissage au quotidien dans leur environnement était la clé de ce succès !

Suzuki a donc commencé à apprendre le violon aux jeunes enfants de la même manière, c’est ce qu’il appelait « Talent Education ».  Il était en effet persuadé que chaque enfant avait un talent inné et qu’il suffisait de l’encourager au quotidien pour que ce talent se développe. Cette méthode se base donc sur le principe d’un apprentissage naturel où l’environnement direct de l’enfant est très fortement impliqué.

Afin de s’assurer que ses idées - innovatrices à l’époque mais toujours d’actualité - soient bien comprises et transmises, il a décidé de former lui-même la prochaine génération de professeurs qui allaient enseigner sa méthode.

Etant un peu trop jeune pour avoir eu le privilège de rencontrer le Dr. S. Suzuki, j’ai eu la chance de suivre le programme pour devenir enseignant en Belgique, chez 4 professeurs qui font partie des professeurs Suzuki les plus renommés au monde. La formation se déroule en 5 niveaux avec un examen devant un jury international pour chaque niveau.

Pourquoi la méthode Suzuki ?

Ayant moi-même suivi mes 10 premières années de cours de violon selon la méthode Suzuki (avant de passer au conservatoire supérieur), j’ai vécu « l’expérience Suzuki » et je sais ce que ça m’a apporté ! De plus, j’ai pu observer mes professeurs, leur école, leurs projets, leurs vies et leurs élèves pendant 22 années et je ne peux que constater que, selon moi, c’est vers cela qu’il faut tendre pour l’enseignement de la musique, du violon et l’éducation en général. C’est également une philosophie plus large qui s’applique à bien des domaines de notre vie quotidienne.

 

Doit-on acheter l’instrument ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe  plusieurs tailles de violons, adaptées pour chaque âge (le 3/4, 1/2, 1/4, 1/8, 1/10, 1/16 et même le 1/32e violon). Selon moi, il n’est pas forcément nécessaire d’acheter de violon tant que l’élève n’est pas assez grand pour jouer sur un violon entier. L’achat d’un petit violon de qualité « acceptable » pour bien apprendre le violon, peut coûter quelques centaines d’euros. Et l’inconvénient majeur d’un petit violon est qu’on on ne sait jamais combien de temps l’enfant va pouvoir jouer dessus avant de passer à une taille plus grande…

Quasiment tous les luthiers proposent des violons de bonne qualité – avec archet et boite de violon – en location pour des prix très abordables. L’achat d’un instrument n’est donc pas une obligation.

Une fois l’enfant assez grand pour jouer sur un violon entier, l’achat d’un instrument peut être considéré plus sérieusement, mais encore une fois, ce n’est pas une obligation !

Combien coute-t-il ?

Le prix d’un violon varie fortement selon la qualité !

Pour un petit violon (1/8 – 3/4) je recommande souvent de louer un instrument de qualité chez un luthier car le prix d’un instrument de bonne qualité peut varier entre €300 et €800. On ne sait donc jamais combien de temps l’élève va pouvoir jouer sur cet instrument et à qui on va pouvoir le revendre après…

En ce qui concerne un violon entier, le prix est fortement lié à la qualité de l’instrument. Si on considère que l’élève a déjà étudié le violon pendant quelques années et qu’il a acquis un bon niveau et a la volonté de continuer l’apprentissage du violon, je pense qu’il faut au minimum prévoir 1.200€ pour un instrument de qualité.

Bien évidemment, s’il y a des parents qui considèrent acheter un instrument, j’aiderai au mieux en donnant des conseils avec la recherche d’un bon instrument.

Où peut-on pratiquer le violon ?

On peut pratiquer le violon n’importe où dans la maison, le jardin ou n’importe quel local… Même si le violon n’est pas considéré comme un instrument très bruyant, c’est toujours bien de prendre les voisins en considération si on compte travailler son instrument très tard le soir ou avant 8h le matin. Il faut également trouver un endroit calme afin de se concentrer au mieux pour pouvoir travailler son violon.

Une dernière remarque pour les gens qui aiment jouer en plein air ou près de la cheminée l’hiver… Le violon n’aime pas le soleil direct ni l’air sec autour de la cheminée.

Combien coûte une année de violon ?

Le prix annuel varie en fonction du niveau de l’élève (peu importe son âge). Avec le niveau, le temps et le nombre des cours augmentent et donc aussi le tarif.

L’augmentation du tarif est dégressif dans le sens où « le prix par heure de cours donné » descend à chaque niveau. Le tarif pour les débutants est de €1.100 par année scolaire (32 cours) ou bien €110/mois sur 10 mois. Ceci inclut 20 min. de cours individuel (minimum) par semaine ainsi que 30 min. de cours en groupe. Bien évidemment, les élèves qui commencent après la 1ière semaine de septembre auront un tarif adapté au nombre de cours restant pour cette année.

Le payement par CESU est possible.

Pour les familles qui veulent s’inscrire avec plusieurs enfants, il y a des réductions à partir du 2ième enfant.

Pour plus de renseignements et la fiche tarifaire détaillée, je vous invite à visiter le site-web de l’école : www.twinklem.com

Un avantage pour nos lectrices ?

En plus du 1er cours d’essai (d’environ 1h) offert, sans engagement et avec prêt du matériel, les lectrices de www.mamanabordeaux.fr peuvent profiter d’une réduction de 10 % sur le premier mois offert après inscription.

 

Cédric Allard qui est ce ?

A quel âge avez-vous commencé le violon ?

J’ai commencé le violon à l’âge de 6 ans, selon la méthode Suzuki.

Pourquoi aujourd’hui vous souhaitez transmettre cette passion ?

Jouer un instrument de musique peut apporter quelque chose qu’on ne peut pas trouver ailleurs !

Je pense que tout le monde devrait pratiquer un instrument, peu importe le niveau. Bien évidemment, c’est chouette d’assister à un concert magnifique joué par l’un des meilleurs musiciens au monde… ce n’est pourtant (à mon avis) pas du tout « le cœur » de la pratique d’un instrument !

Passionné par le violon et ayant eu la volonté de maîtriser ce bel instrument au mieux dès mes 6 ans, j’ai eu la chance de pouvoir en faire mon métier. Jouer ensemble avec d’autres musiciens qui ont tous vécus d’autres choses et qui viennent de tous les coins du monde… ce n’est pas seulement très intéressant pour l’ouverture d’esprit etc. mais c’est aussi juste un vrai bonheur.

Quand on joue son instrument – et certainement le violon vu l’intimité avec laquelle on doit tenir tout prêt de son corps – on doit atteindre une conscience très unique. D’un côté on fait des gestes très contrôlés jusqu’au 10ième millimètre près, de l’autre on doit s’ouvrir et s’exposer pour faire sortir des sentiments profonds grâce au violon.

Il est nécessaire de développer une intuition très élevée (entre autre par l’oreille). C’est un travail au quotidien sur soi-même qui est bien évidemment très gratifiant le moment où l’on joue un concert et que l’on sent l’appréciation du public pour ce qu’on vient de donner.

Pour moi, transmettre tout ça aux jeunes d’aujourd’hui grâce à la méthode Suzuki, qui met en avant le développement global de chaque enfant par l’apprentissage de l’instrument et de l’art, est un véritable plaisir et un immense honneur.

Le plus beau souvenir que vous avez-eu dans votre métier ?

Lors d’une tournée avec un orchestre à cordes (formé d’anciens élèves de l’école Suzuki dans laquelle j’ai appris le violon) à Cambrils en Espagne, nous partagions le logement avec un groupe de jeunes adultes handicapés.

Un jeune homme de ce groupe, assistait souvent à nos répétitions dans une salle sur place. Il adorait la musique et bougeait ses bras avec la musique, en s’imaginant être le chef d’orchestre de notre ensemble.

A  la fin de la tournée, nous avons joué pour l’ensemble des personnes qui logeaient sur place et à un moment, nous avons passé la baguette du chef au jeune homme qui avait assisté à toutes les répétitions pour qu’il puisse nous diriger. On jouait le Canon en D majeur de Johann Pachelbel (une pièce très connue qu’on connaissait tous par cœur) et c’est donc ce jeune homme qui a démarré la musique. Après avoir commencé, on ne pouvait pas vraiment le suivre, mais on jouait par cœur et on le regardait pendant que son rêve devenait réalité…

Avoir eu l’occasion de pouvoir donner ça, c’était pour tous les membres de l’ensemble autant un cadeau que c’était pour ce jeune homme !

Le pire ?

Il n’y a pas tout de suite un moment auquel je pense. Bien évidemment, comme tous métiers  du spectacle vivant, de temps en temps il existe des moments pas forcément très agréables comme quand on fait par exemple une grosse faute sur scène. Mais je ne peux pas dire que ça m’a laissé avec un traumatisme particulier. De plus, le public est en général très indulgent car la plupart du temps ils se rappellent de toutes les belles choses que l’on a jouées et pas de la petite fausse note …

Peut-être la chose qui me dérange le plus est d’arriver dans un ensemble où tout le monde n’a pas la même volonté de faire de son mieux pour arriver à un beau résultat ou d’avoir une organisation qui ne traite pas ses musiciens d’une façon acceptable.

Un compositeur au-dessus de tous les autres ?

C’est très difficile pour moi de dire 1 compositeur que je préfère sur tous les autres ! Le goût et l’envie d’écouter un certain répertoire dépendent tellement du moment… Sans vouloir tomber dans les clichés, deux compositeurs qui réclament toujours tout mon respect sont J.S. Bach et W.A. Mozart.

Ne me comprenez pas mal… J’aime bien écouter et jouer de la musique plus récente et peut-être surtout le répertoire plus romantique, mais ce sont (entre beaucoup d’autres) 2 compositeurs qui ont eu une telle influence qu’on en parle encore aujourd’hui !

J.S. Bach est selon moi, celui qu’on peut presque appeler le père de la musique classique et qui a une influence encore aujourd’hui. Son répertoire a été très important pour le développement de l’écriture et les règles d’harmonie, que ce soit de la musique classique, jazz, pop, rock…

Et Mozart… rien qu’avec son thème de « Ah ! Vous dirai-je Maman ? », on peut se demander d’où il trouvait l’inspiration pour à chaque  fois écrire une mélodie qui est à la fois accessible, légère et très facile à écouter ! De plus, c’est l’un des compositeurs le plus difficile à interpréter ! D’ailleurs, Mozart joue un rôle très important dans le développement de la méthode Suzuki…

Où peut on vous voir jouer ?

Etant donné que je viens seulement d’arriver à Bordeaux, je n’ai à présent pas tellement de concerts publics à annoncer. Je joue régulièrement avec l’orchestre symphonique de la Gironde (orchestresymphoniquedegironde.fr) et des concerts de musique de chambre pour des organisateurs privés.

Venant de la Belgique, j’y joue encore dans quelques ensembles qui me tiennent à cœur, dont l’orchestre « Le Concert Olympique (www.leconcertolympique.eu) » et l’ensemble à cordes « YES Camerata (www.yescamerata.eu) » où je suis chef de pupitre des 2ièmes violons.

Des concerts seront annoncés sur le site de l’école.

 

Merciii !! 

 

Pour plus d'info : Facebook  ou site internet 


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